Lorsque la mort abandonna son deuil
La vie s'emplit d'une force de plus en plus vive.
Un dépouillement, une défloration intime
Se dénudait, libérant son cœur
Comme on effeuille les pétales des fleurs.
Et son pistil se dévoila à l'instinct vivant.
Une tension fertile animait
Chaque parcelle de la corolle
tendue à l'extrême.
Et la mort revint, et le deuil emplit d'une force
De plus en plus vive de la conscience de la vie.

Jeu de cache cache avec la vie, glissement du temps dans les tours et détours des étapes de la vie, la tienne et la mienne. Ironie qui se trame, se tisse et voire même s'abîme d'accrocs.
Aujourd'hui, au bord de l 'eau, je regarde le fleuve. Une partie des rides scintillantes s'élancent silencieuses et impatientes vers le sud, se perdent au loin au-delà des piliers du pont. D'autres s'évadent sur les bords et viennent rouler sur le sable.
Comme les vies, certaines glissent sans heurts, d'autres s'échouent sur les côté, d'autres encore sinuent simplement.
Les grillons donnent écho aux bruits de la ville. L'air anime les branchages et apaise la peau des chauds rayons du soleil.
Mes yeux et mes pensées s'égarent. La vie en ce jour vient à la croisée de la trame et de la chaîne et le motif demeure flou.
Besoin de se retirer, là, au bord du fleuve et reprendre le fil de l'histoire jusqu'à cette croisée. Comprendre.
Voilà bien des années, presque une bonne dizaine, que je tai rencontré pour la première fois. Mon compagnon avait à cœur de te présenter. Pour lui, tu étais important, un de ses amis proches. Je ne me souviens pas t'avoir revu hors cette fois là. Nous nous sommes retrouvés plusieurs chez toi, la soirée fut chaleureuse. Voilà, ce dont je me souviens, d'une soirée d'échanges et de bien-vivre. Je ne sais pas pourquoi, il n'y en a pas eu d'autres, de ces instants avec toi en journée comme en soirée.
Quelques mois plus tard, je quittais mon compagnon. Et après cette séparation, en tant que voisin, peut –être aussi pas se souvenir de cette soirée, nous nous sommes toujours salués. Passages fugaces, d'un trottoir à l'autre, dans la rue, le quartier, aux abords même de ce quartier. Et tu es demeuré longtemps l'ami de mon ex compagnon, puis l'ami de, et enfin toi. Toujours un signe, un sourire,….
Et pourquoi, en ce matin là ?
tu revenais de la mairie, j'allais de mon côté aussi voter. Tu m'as imposé l'arrêt, plaqué deux bises. Mes cheveux se sont accrochés dans ta barbe naissante, et tu as exprimé tout de go ce que tu venais d'élire. J'ai souri et rétorqué. J'étais prise dans ton mouvement, rapide, et un peu abasourdie par tes propos. Et c'est comme si d'un seul coup, je prenais pleinement conscience de toi. Tu devenais un individu présent dans le présent.
Je n'avais en tête que l'envie de te revoir, de prendre une fois le temps d'échanger avec toi. En fait, je me rendais compte aussi, que la chaleur de la soirée, chez toi et par toi, tes gestes au travers des années, là en ce matin. J'en tombais amoureuse. Un contre temps de plusieurs années.

Obsédante envie, et des jours et des semaines ont passé à te guetter.
Et ce matin, toute aux préparatifs du week-end et le téléphone rivé sur l'oreille, tu es apparu devant moi. Nous avons comme toujours souri, fait signe. Mais cette fois avec insistance. Et je n'ai pas arrêté mes pas, ni la conversation. Je n'écoutais plus, je ne voyais que toi. Et rien, je n'ai rien fait.
Je ne parlerai plus de maturité quand je peux être si incapable de réaction.
Et je m'en suis voulue. J'avais attendu, espéré cet instant. Il était seul, j'étais seule, pas de réelle contrainte . Mais non, j'ai passé mon chemin. Là, c'était visible, lisible, que nous avions l'un l'autre la même perturbation.
Là, dans la rue, notre rue. Et quoi faire maintenant. Je me sens si lâche.
Dans l'après-midi, je suis ressortie, et comble d'ironie je te recroise. Et cette fois, tu es avec un ami. Je n'ai pas eu le temps de voir son visage. Je t'ai vu lui parler. Tu t'es tu. Toujours dans le mouvement, toujours en se croisant, j'ai sorti une de ces phrases un peu bateau. Je voulais faire quelque chose et les mots ont fusé avec tant de banalité.

Je n'avais plus qu'une envie, partir au bord du fleuve. Déconcertée par ce désir si soudain pour toi, cet étrange intérêt pour toi, ma lâcheté, et maintenant qu'allais-je faire ou ne pas faire. Cette succesion de rencontres après tant d'attente, le flop e moi et de toi aussi. Mais pour l'heure, je suis face à moi-même à répondre de moi et de mes non actes et de mes attentes.
Je sais que j'ai envie de toi, qu'il faudrait que je puisse échanger avec toi. Aurais-je le courage au moins de créer le possible échange, de mieux savoir qui tu es ? Me rassurer sur toi, sur moi. Je ne veux pas imaginer un revirement venant de toi, non pas que je n'apprécierais pas. Mais, ma lâcheté de ce matin me met mal à l'aise avec moi-même.
J'ai tout autant peur de mon manque de courage que de revivre l'attente.
Et je suis les rides scintillantes filant vers le sud, disparaissant au-delà des piliers du pont et celles s'échouant tout en rondeur sur le sable.
Je ne sais pas, plus. Je pénètre dans l'eau, jusqu'aux genoux, je sens le courant. Quoi qu'il en soit, il va falloir rentrer, revenir dans le quartier, la rue.

Un matin, alors que la lumière du jour s'ébrouait
Fraîchement là, encore fragile,
elle naissait à mon regard.
Quand le soleil monta au-delà de l'horizon
Lentement, elle s'étira
encore perlée de la rosée humide
Craignant les baisers gelés et
les seins de glace de la lune rousse.
Ce ne fut qu'après
que le soleil se fut hissé à son zénith
Etendant enfin le feu de sa chaleur et de sa radiance
Qu'elle se sentit remplie d'une vigueur
nouvelle et instable.
Lorsque le soleil glissa à l'horizon
Suivant la voûte du nadir tout s'apaisa en elle,
Elle ressentit une densité à la fois pleine et sereine
Irradier à l'intérieure de ses veines verdoyantes.
Un rayon la caressa

.
Et tire mes sentiments vers toi,
Plus j'ai une crainte qui se densifie
Jusqu'à la peur de te revoir
Et ne pas avoir le courage de t'avouer
Mes émotions si troublantes
D'amour pour toi.

IL Y A DEJA 24 HEURES
Aucun bruit, juste tes baisers, ton souffle, mon souffle.
Tes bras, ton corps, mon corps. Chaleur de ta chair contre ma chair.
Tes yeux. Je suis ton regard. Jusqu'au moment où je me découvre dans le reflet de ta pupille.
Arrive le soir. En quelques pas la ville reste là-bas. Rejoindre les bords du fleuve. Il y a tant de bruits. Les clapotis, la musique de la vie qui se joue là pour toi et moi.
Tout s'agite. Mouvement crescendo des sensations. Tous mes sens se tendent vers toi.
Il y a 24 heures.
Oui, 24 heures
que le temps a pris une dimension particulière.
Le temps a revêtu les instants d'extraordinaires.
Il y a déjà 24 heures
