
Une rencontre discrète
Avant que ne reprenne
Le mouvement sinueux de la parole
J'épie la langue qui claque
Dans le palais écarlate
Aux murailles crénelées,
Rempart de blancheur,
Avant qu'elle ne revienne
Sur le devant de la citadelle
Cette bouche voluptueuse
Aux lèvres ourlées
M'inspire le baiser,
La caresse veloutée
De leurs rencontres,
L'humidité de leur étreinte.
Frôler, caresser,
Dans le seul désir de l'entrouvrir,
De pénétrer à l'intérieur,
Au cœur du palais.
Me baigner dans l'écume
Jusqu'à sa souveraine,
La langue.

Tes caresses, ton étreinte,
Se rappellent encore à mon corps.
La mémoire en retient la force
Et l'instant souffre de ton absence.

De la mer intérieure.
Au loin le regard sombre
Sur le noir des paupières
Aspirant la lumière du soleil.
Puis le sable bruisse,
Vent et sable enserrant
Le corps
La chair soupire.

Sur les lys blancs
Une goutte écarlate
Eclate sa peine
D'un parfum odorant.

Dans le silence,
J'ai entendu au loin
Une musique, un refrain,
Un air lancinant
Qui reprenait inlassablement
Sa mélodie.
Je tendis mon écoute,
Je voulais entendre.
Puis, doucement,
La musique s'est rapprochée
Plus près, toujours plus près
Du refrain
Et son air s'est rappelé
A ma mémoire.
Rassurée et bercée,
Je me suis alors endormie.
Dans le silence de la nuit,
La musique jouait
Dans cet espace du silence
La mélodie naissante
De ma joie intérieure.
