Lorsque la mort abandonna son deuil
La vie s'emplit d'une force de plus en plus vive.
Un dépouillement, une défloration intime
Se dénudait, libérant son cœur
Comme on effeuille les pétales des fleurs.
Et son pistil se dévoila à l'instinct vivant.
Une tension fertile animait
Chaque parcelle de la corolle
tendue à l'extrême.
Et la mort revint, et le deuil emplit d'une force
De plus en plus vive de la conscience de la vie.

Un matin, alors que la lumière du jour s'ébrouait
Fraîchement là, encore fragile,
elle naissait à mon regard.
Quand le soleil monta au-delà de l'horizon
Lentement, elle s'étira
encore perlée de la rosée humide
Craignant les baisers gelés et
les seins de glace de la lune rousse.
Ce ne fut qu'après
que le soleil se fut hissé à son zénith
Etendant enfin le feu de sa chaleur et de sa radiance
Qu'elle se sentit remplie d'une vigueur
nouvelle et instable.
Lorsque le soleil glissa à l'horizon
Suivant la voûte du nadir tout s'apaisa en elle,
Elle ressentit une densité à la fois pleine et sereine
Irradier à l'intérieure de ses veines verdoyantes.
Un rayon la caressa

.
Et tire mes sentiments vers toi,
Plus j'ai une crainte qui se densifie
Jusqu'à la peur de te revoir
Et ne pas avoir le courage de t'avouer
Mes émotions si troublantes
D'amour pour toi.

Entre soi et l'autre, un paysage est né,
Une voie, ma voie.
Le temps a ouvert une autre brêche
Entre deux temps, deux espaces
Vie / Mort
L'un, l'autre, la vie, la Mort,
Pour être soi de la vie à la mort.
Etre soi avec l'autre.
Passage.
