LES COULEURS DE MA VIE
Les cieux chamoirés de violacés et d'oranges
Etendent un espace infini
Où se perdent et s'évanouissent des courants ascendants
Au rythme du vent,
La terre à perte de vue étire
Des ocres, des siennes par-delà le regard.
Rouge sang, la nature, avant de s'endormir
Fait jaillir le doré, le mordoré,
Jusqu'au rouge, feu de la vie
Sur fond de ciel tourmenté.
En ce cycle finissant, une impulsion puissante irradie.
Les feuillages, les gousses exultent des écarlates,
des incarnats.
La nature entonne son appel
Et je verse une coupe du sang de la terre.
Terre, genêts scorpions, pierre, sécheresse.
Et dans cette immensité vierge d'humanité,
Le ciel frôle, caresse, de son bleu intense.
Le silence impose son écho sous le parfum chaud
De cette étendue ardente.
Dans la lumière pénétrante du soleil
J'hume, les yeux errants sur l'horizon
Les parfums de ma terre.
A chacun de mes retours, doucement la pente me ramène à toi.
Et lorsque la lumière est bien là, présente à mon regard,
Je vois un peu plus loin, sur ce chemin qui te révèle entier,
Toi mon village, en contre bas.
Je suis en exil loin de toi,
Et le temps de l'exil à venir
Je te retiens fort entre mes yeux et mon cœur.
Le monde semble en proie
A des éclatements colorés, des zébrures,
Des dégradés, des éclaircies,…
Dans le couchant et dans le levant
Les flux célestes racontent
Un monde à venir, finissant,
Pour mieux renaître.

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